Compte rendu du Collège Tv du SPI

Publié le par Ligue des Producteurs Extraordinaires du LR

Le SPI a invité le 15 décembre 2009 Patricia Boutinard Rouelle, directrice de l’unité documentaire de France Télévisions (FTV), à venir présenter la nouvelle organisation de son unité à l’ensemble des adhérents du Collège Télévision du SPI.

 

Patricia Boutinard Rouelle était accompagnée de ses responsables de pôle : Dana Hastier (Pôle histoire, culture, régions), Fabrice Puchault (pôle nature-science et découverte), Carlos Pinsky (Pôle société, politique), Marie Claire Mezerette (Pôle diverstissement- portraits d’artistes), Caroline Behar (Pôle achats et coproductions internationales). Carole Wheatcroft (pôle investigation, économie) était excusée.

 

En introduction, Jérôme Caza a rappelé la difficulté du métier de producteur dans un secteur ou règne une forte concurrence et une fragilité économique accrue par les réformes de l’audiovisuel public et des relations entre producteurs et diffuseurs de 2008. Il a interpellé Patricia Boutinard Rouelle sur les blocages persistants entre le SPI et FTV (pas d’accord sur le contrat type de préachat, toujours pas d’accord sur l’investissement de FTV dans le documentaire) et a souligné la nécessaire relation de confiance qui doit être maintenue entre elle, son équipe et les producteurs indépendants.

 

Consciente de sa responsabilité structurante du marché en tant que principal diffuseur et financeur du documentaire français, Patricia Boutinard Rouelle explique qu’elle a voulu mettre en place les conditions d’une présence diversifiée du documentaire sous toutes ses formes et thématiques.

 

1 – L’organisation de l’unité documentaire de FTV

 

L’organisation de la direction du documentaire repose sur plusieurs objectifs :

 

  • répondre à une stratégie de bouquet de chaînes bien identifiées ;

  • les unités deviennent les seules instances de décision au service des antennes ;

  • mieux appréhender l’identité de chaque chaîne et la gestion des programmes et revenir sur les « patriotismes » de chaînes. Cela peut conduire à des attitudes « d’entraide » entre chaînes. Elle cite en exemple, la création de la case de rediffusion de fictions en première partie de soirée le mardi soir sur France 5. Dans le même esprit, FTV considère que France 3 doit pouvoir accueillir des documentaires produits par France 2 pour permettre un meilleur positionnement de chaque antenne. Cela n’aurait pas été envisageable en interne sans la réforme.

 

L’organisation d’une seule direction du documentaire doit reposer sur une forte décentralisation des décisions, fondées sur une responsabilisation des personnes.

 

L’unité est divisée en six pôles thématiques1. L’échelon le plus important pour les producteurs devient le responsable de programmes qui suit les projets du début à la fin.

Dans une période de transition, les responsables de programmes restent attachés à leur chaîne d’origine, dans une seconde phase, ils auront une activité totalement transversale centrée sur leur thématique.

 

Le processus de décision sur les projets est le suivant:

  • le responsable de programmes accueille le projet ;

  • le projet recensé est orienté vers le pôle le plus approprié ;

  • des réunions de pôle ont lieu tous les 15 jours lors desquelles les projets sont discutés et une première décision d’acceptation ou de rejet est prise ;

  • une fois le projet accepté, il est transmis à la direction des programmes de Philippe Vilamitjana et défendu par le responsable de programmes ; les réunions avec les antennes ont lieu tous les 15 jours.

  • le projet est alors affecté à une antenne de première diffusion.

 

Le délai de traitement des projets est de 2 mois. Philippe le More est responsable des administrateurs de l’unité documentaire. Bénédicte Massiet est directrice de la production pour l’ensemble de FTV. Les budgets demeurent affectés par antenne et par case.

 

Trois questions ont été posées :

 

  • Quid des cofinancements entre antennes ?

 

Patricia Boutinard Rouelle convient que cela sera moins fréquent et peut se produire lorsque le projet le justifie. Par exemple, lorsque le projet est prévu au départ pour une seule antenne et que FTV décide de le passer ensuite sur une autre antenne. Mais dans l’immense majorité des cas, FTV prévoit au contrat la possibilité de rediffuser l’œuvre sur l’une ou l’autre des antennes du groupe.

 

Sur ce point, le SPI estime toujours qu’il doit y avoir revalorisation du prix, à minima, lorsqu’il y a un passage d’une antenne de moindre audience vers une antenne de plus forte audience. C’est un point de désaccord avec FTV.

 

  • Comment sont opérés les choix des programmes destinés aux antennes régionales de France 3 ?

 

La coordination des antennes régionales est pilotée par Geneviève Giard. L’unité documentaire n’intervient pas dans les choix opérés par les antennes régionales. La case de l’oncle doc est gérée par Dana Hastier. Des coproductions seront toujours possibles entre les œuvres financées par les antennes régionales et nationales.

 

  • Quid des thématiques frontières ?

 

Les projets seront orientés en réunion de pôle de la manière la plus appropriée et pourront passer d’un responsable à un autre en bonne intelligence dans ce cas.

 

 

2 – Les lignes éditoriales des différentes antennes

 

France 2 reste l’antenne de diffusion des documentaires exceptionnels en première partie de soirée. 7 projets sont prévus pour 2010. Ces projets ont tous une originalité majeur de leur traitement, documentaires fiction, documentaires historiques, documentaires en 3D ou sont liés à un événement.

 

Des sujets « découverte » à caractère ethnologique sont également prévus pour France 2 sur les premières parties de soirée, comme « Rendez-vous en terres inconnues » ou « Vue du ciel ». Ce type de sujets sera traité par Laurence Hamelin au sein de l’équipe de Fabrice Puchault.

 

Les sujets « science », « environnement » et « écologie » seront traités par Hervé Guérin. Caroline Glorion aura la charge de la case grandeur nature du dimanche après midi sur France 2 qui est extrêmement importante en terme de part d’audience (13 à 14 % de parts de marché).

 

Infrarouge est maintenue le jeudi soir. Cette case est partagée par Dana Hastier et Carlos Pinsky. Elle porte toujours sur l’histoire contemporaine en proposant aux téléspectateurs des choses qu’ils peuvent connaître mais en faisant de nouvelles propositions. Anne Roucan continuera de travailler pour la case infrarouge.

 

France 3 proposera durant tout 2010 un rendez-vous documentaire hebdomadaire en première partie de soirée, le lundi à 20h35. 7 ou 8 films porteront sur l’histoire contemporaine au travers de personnages parlant à tous avec une nouvelle approche (par exemple « la saga des kennedy ») et seront proposés par Dana Hastier.

 

Une réflexion est engagée pour améliorer la case du samedi soir qui est avancée à 22h30. Elle pourra comporter des sujets de société ou politiques portés par Carlos Pinsky.

 

Sur France 4, 20 films documentaires très incarnés seront diffusés à destination du public 15-25 ans.

 

Sur France 5, les cases actuelles sont maintenues : une case société le mardi soir ; une case culturelle le jeudi soir, la case « empreintes » le vendredi soir et une case le dimanche à 20h30 suivie de celle du documentaire histoire à 21h30.

 

Carlos Pinsky attend notamment des projets « sociétés » axés sur les problèmes de société européenne pour France 5. Barbara Hurel et Sophie Chegaray travailleront pour la case du dimanche et celle du mardi. Anna Glogowski traitera les documentaires internationaux.

 

Des documentaires porteront sur de grandes institutions : les maisons d’édition, les grands peintres… les sujets « histoire » pourront porter sur l’histoire internationale et Française.

 

Par ailleurs, France 5 a la volonté de créer une marque France 5 avec une case « science » identifiante et une structure narrative identifiante.

 

Enfin, Marie Claire Mezerette proposera des documentaires de culture populaire sur les trois chaînes (F2, F3, F5), tels que des collections sur les années 70, 80, 90 à 2000.

 

 

 

3 – Questions des adhérents

 

Répondant aux questions des adhérents, Patricia Boutinard Rouelle a précisé que FTV investira en 2010 dans 24 webdocs. Quant à la création d’une case « festivals des festivals », elle estime que chaque case ayant un coût important, elle ne peut se permettre de diffuser du documentaire expérimental. Enfin, pour le moment elle estime ne pas avoir assez de recul pour évaluer l’impact de la suppression de la publicité sur la possibilité de programmer des projets plus difficiles.

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